Maigrir c’est dans la tête Bourque, Apfeldorfer, et Zermati

Bienvenue sur mon blog Notre corps n’a-t-il pas en lui la capacité et la sagesse de se réguler?

15 mars, 2009

Prévention de l’obésité : la honte de l’Amérique

Classé dans : Actualité,Discremination,Prejuges,violence — Oceane @ 16:52

Prévention de l’obésité : la honte de l’Amérique

L’association américaine Active Life movement présente Barbie et Superman obèse !!!

Auteur : Cath

Pour Pulpe club

 

L’association américaine Active Life movement présente Barbie et Superman obèse !!!

Prévention de l'obésité : la honte de l'Amérique dans Actualité  dans Discremination  dans Prejuges

L’association américaine Active Life movement a pour objectif de faire bouger les enfants, afin de lutter contre l’obésité.

C’est donc dans ce droit fil qu’ils ont eu la brillante idée de nous faire l’honneur d’une « brillante » campagne publicitaire.

Le niveau plus que primaire de cette campagne nous a révoltés !

3 visuels sont « disponibles ».

Le premier propose une Barbie obèse, couchée dans un lit, au milieu d’une chambre en désordre, ordinateur sur les genoux, fast food posé à côté d’elle.

Le second représente un Superman obèse assis dans son fauteuil au milieu d’une pièce là encore en désordre, face à la télé, glace dans une main et télécommande dans l’autre.

Le dernier nous montre des playmobiles pirates obèses, os de poulet et bouteille à la main, visiblement éméchés !

Le slogan « Keep obesity away from your child », que l’on pourrait traduire par protégez vos enfants de l’obésité, vient achever le visuel…

Pourtant, au départ, l’idée était plutôt bonne.
Donner envie aux enfants de bouger, de s’amuser de pratiquer une activité physique, c’était plutôt un bon programme !

Et puis, comme souvent lorsque l’on parle d’obésité et de prévention de l’obésité, les choses dérapent !

On a envie de rencontrer les publicitaires et les membres de cette association, et de leur poser quelques questions :

- Pourquoi Barbie et Superman, toujours représentés souriant et aimables, ont-il sur cette campagne l’air si renfrogné, voire agressif ?
- Ne peut-on manger un bon Mac Do, une glace, chatter sur son lit ou regarder un bon film dans son fauteuil sans devenir gros, ou après avoir fait des heures de sport ?
- Pourquoi est-ce tant en désordre dans les pièces de ces héros ?
- Pourquoi les playmobiles ont-ils l’air saouls ?
- Doit-on en déduire que lorsque l’on est obèses, on est également agressif, alcoolique, paresseux, etc ?

On a un peu l’impression de la caricature de l’affreux sale bête et méchant !

J’entends déjà un certain nombre de personne disant qu’il faut bien faire quelque chose, que l’on ne peut pas laisser les enfants devenir de plus en plus gros, de plus en plus tôt, sans réagir, en restant là, les bras croisés…
Qu’il faut bien dénoncer les méfaits de l’inactivité, des fast foods, de la télévision, des ordinateurs, les parents trop laxistes, etc.
Il est tellement rassurant de penser que l’on a enfin identifié LE coupable !

Fermons les fast foods, supprimons les ordinateurs et les télévisions, et dressons enfin ces parents qui laissent grossir leurs enfants, que diable !!!

Cette attitude en dit long sur notre incapacité à comprendre ce qu’est l’obésité, et sur la nécessité d’envisager cette problématique dans sa globalité.

De telles campagnes de publicité ont déjà fait la preuve de leur inefficacité. Elles ne font que renforcer une image dévalorisante des obèses (ou fumeurs, ou alcooliques, etc), enfermant les gens un peu plus dans leur problématique.

Elles sont le résultat d’un aveu d’échec des campagnes de prévention qui sont sensées donner envie de pratiquer une activité physique.

Au lieu de cela, elles stigmatisent les enfants qui on du mal à gérer leur rapport à la nourriture et les parents qui en sont « responsables »… C’est leur faute, c’est leur très grande faute !!!

Elles sont le reflet d’une Amérique malade d’elle-même et de ce qu’elle engendre, une Amérique qui définit le bien et le mal, stigmatisant le mal, mais le rendant si attrayant et facile d’accès…

L’Amérique des 7 pêchers capitaux, parmi lesquels la gourmandise !!!

Déplaçons un instant notre regard et pensons à cette majorité d’enfants américains obèses qui recevrons cette publicité en pleine figure, en plein coeur… Je suis comme ces héros trop gros : déchu, nul, un peu crado, pas aimable, et je ne sais pas me contrôler…

A l’âge ou l’on est en construction et ou il est capital d’avoir une estime de soi pas trop détériorée, on imagine sans difficulté les ravages que cela peut causer.

Laissons au bien pensant l’idée qu’il leur faut un électrochoc, qu’il faut qu’ils regardent la réalité en face !

Laissons-les à leur ignorance… Que savent-il des difficultés que l’on rencontre quand on est un enfant gros, à chacun instant de sa vie : la difficulté à bouger, à avoir des amis, les moqueries, pas d’amoureux souvent, la méchanceté… Il est vrai qu’avec un tel traitement, il n’est pas nécessaire de « bénéficier » de telles campagnes de publicité pour savoir tous les jours qu’on est gros !

Rappelons-leur quand même que de récentes études ont encore démontré que dans la majorité des cas, les régimes étaient un échec.

Que diront-ils alors à ces enfants qui ont toutes les chances de rester gros à l’âge adulte ? Qu’ils sont à l’image de ces héros obèses, c’est-à-dire ratés !!!

Non, vraiment, cette campagne de pub n’est ni créative, ni inspirée…

Elle a oublié ce après quoi elle courrait : donner envie aux enfants de bouger.

Sont-ils à ce point à cours d’arguments, leurs publicitaires sont-ils si peu créatifs qu’il leur faille pour cela utiliser l’humiliation comme argument ?!

S’ils manquent d’idées, qu’ils nous consultent, nous saurons leur en donner !

Quand une société, un mouvement, un groupe, en arrive à montrer du doigt ceux qu’elle tente de protéger… les interpellant, voire les rendant responsables de leurs maladies, faiblesses, traits physiques, etc. c’est que l’on a tout simplement perdu le sens de ce après quoi l’on courrait : le mieux être des enfants !

Cette campagne au lieu de prévenir l’obésité, ne fera qu’enfermer les jeunes obèses dans leur détresse, et autoriser ceux qui les malmènent à le faire plus encore !

L’épidémie d’obésité a donc de beaux jours devant elle… Merci Active life movement !

Cath

 

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16 novembre, 2008

On n’a pas besoin de se comprendre pour s’aimer

Classé dans : Exercices,Lecture,motivation — Oceane @ 21:31

malaisie.jpg

Être une grande personne c’est réussir à s’affirmer…sans brutalité.

 

 

 

Samedi matin, dans son groupe de thérapie, Gwenaëlle fait le point:
 » Intellectuellement, depuis que je viens au groupe, j’avais bien compris qu’on était seul. Mais ce n’est que maintenant que je commence à attacher moins d’importance aux autres. Mon copain par exemple me dit des trucs et je me dis parfois que je m’en fous. Franchement j’ai l’impression d’être super égoïste….

Je me suis rendu compte récemment à quel point tout ce que je faisais était en fonction des autres, toujours par rapport à quelqu’un. Au boulot (j’étais dans l’affectif tout le temps), il fallait que je fasse telle chose pour plaire à untel.

Chez moi ou avec mes amis, je m’imposais de sortir, de sourire, de faire ceci ou cela pour faire plaisir l’un ou à l’autre….

Aujourd’hui, je fais les choses vraiment pour moi. Je les fais dans le respect des autres bien sûr. Avec les autres c’est mieux. Mais si je dois me passer des autres, tant pis, ce n’est pas grave !

Par contre, je suis un peu perdue. Le fait que je n’agisse plus en fonction des autres me laisse maintenant beaucoup de place pour moi et je ne sais pas encore très bien qu’en faire. Je ne sais pas toujours ce qui me fait plaisir, je me cherche beaucoup. Et je fais beaucoup de boulimies, aussi. »
Gwenaëlle fait des boulimies, mais elle est clairement en train de construire les fondements de son identité. Elle se cherche encore, mais elle ne se ment plus. Elle ne sait pas encore vers où elle va, mais elle sait déjà comment elle y va : sans tricher, sans honte.

Il y a encore peu de temps », ajoute-t-elle, « je n’aurais jamais dit au bureau que j’ai passé tout le week-end à regarder « Sex and the City » parce que je sais que mes collègues trouvent cette série nulle. Maintenant je m’en fous, je le dis « ..

« Par rapport à mes parents aussi, j’avais encore l’impression de leur devoir quelque chose. Et la maintenant plus du tout. Un truc tout bête, cette semaine, je me suis coupé les cheveux. Ma mère a toujours tenu à ce que j’aie les cheveux longs. Avant j’aurais angoissé à l’idée de la rencontrer avec mes cheveux courts. Et là, quand elle m’a dit : « Oh là là, tu as coupé tes cheveux ! », j’ai senti un peu d’angoisse en moi, mais je me suis quand même entendue répondre :  » Ben oui, c’est comme ça ! « . 

- « Bravo » dit le thérapeute. « Tu t’affirmes, c’est bien, mais tu ne tiens pas compte de la déception de ta mère. Je te propose de jouer la scène où ta mère te dit : « Oh là là, tu as coupé tes cheveux !  » et je te propose d’expérimenter plusieurs options.
Gwenaëlle choisit une jeune femme pour jouer le rôle de sa mère qui lui dit, sur un ton surpris et contrarié:
-  » Ah ! tu t’es coupé tes cheveux ! « .
Gwenaëlle réagit avec, sur le visage, un sourire mi-gêné, mi-fermé et répond:
 » Ben oui tu vois, c’est comme ça ! Tu aimes bien? »

La jeune femme qui joue la mère fait une mimique signifiant qu’elle n’aime pas.
-  » Oui « , poursuit avec légèreté Gwenaëlle en se passant la main dans les cheveux, comme si elle n’avait rien remarqué.  » J’avais envie de changer !
Le thérapeute propose à Gwenaëlle de montrer ce qu’elle aurait fait avant, du temps où elle faisait tout en fonction des autres.

Gwenaëlle fait mine d’aller dire bonjour à sa mère et quand la jeune femme qui joue sa mère dit sur un ton déçu :  » Ah tu t’es coupé les cheveux ! « .

Gwenaëlle prend un l’air penaud d’une petite fille qui s’est très mal comportée, et murmure d’un ton coupable: « Ben oui, j’avais envie de changer ». Son air est si penaud, que la jeune femme qui joue sa mère rajoute, rassurante : Oui, bon ! Ça repoussera. Heureusement ! »

Le thérapeute pointe la différence entre ces deux scènes. Dans la seconde scène qui illustre la manière dont elle se serait comportée avant les groupes, Gwenaëlle a l’air d’une petite fille penaude. Dans la première scène, elle affronte la frustration de sa mère avec une fausse décontraction. Mais dans les deux scènes, elle reste encore dans une position de petite fille. Petite fille indifférente dans un cas parce qu’elle ne prend pas en compte la déception de sa mère et petite fille coupable dans l’autre.
-  »L’étape suivante », dit le thérapeute,  » c’est prendre soin de l’autre dans la relation. Jusqu’ici, tu ne prends soin que de toi. Tu aimes ta mère ? ».
-  » Oui « , répond Gwenaëlle sans hésiter. 

- « Si tu l’aimes, prend soin d’elle en tenant compte de sa déception. Elle aime quand tu as des cheveux longs. Ce n’est pas être soumis que d’être désolé pour elle. Dans un rapport d’égal à égal, de personne à personne, quand l’autre est contrarié, on a de la sollicitude pour lui, même si on n’est pas d’accord avec ce qui le contrarie. Essaie de rejouer cette scène en tenant compte de ce que ressent ta mère ».

Gwenaëlle fait un nouvel essai. Elle prend un ton enjoué:
-  » Maman, je sais que tu aimes les cheveux longs, mais tu as vu (elle passe la main dans ses cheveux). C’est pas mal quand même ! « .
Le thérapeute lui fait remarquer que son enjouement n’est pas authentique et qu’elle n’a pas à convaincre sa mère que sa coiffure « n’est pas mal ».
Gwenaëlle recommence, et rate à nouveau le contact. Au « Tiens ! tu t’es coupé les cheveux ! » de sa mère, elle répond : « Ben oui, t’as vu (en se passant la main dans les cheveux). T’aimes bien ? ».
Mais manifestement, elle semble toujours avoir beaucoup de mal à faire avec le fait que sa mère n’aime pas sa coiffure. 

Cela n’est pas surprenant. Généralement, les personnes qui ont un trouble de la personnalité borderline ou dépendant ont gardé, adulte, une angoisse d’abandon très forte de leur toute première enfance : il faut former un tout avec l’autre pour rester en vie parce qu’on sent qu’on ne peut pas s’en sortir tout seul. Il faut penser comme l’autre ou amener l’autre à penser comme soi, faute de quoi l’on se sent coupable ou hostile parce que l’angoisse est trop forte. Certains psychothérapeutes ont parfois beaucoup de mal à gérer soit l’amour massif, soit l’hostilité de leurs patients dont la personnalité est borderline ou dépendante.

Le thérapeute demande à Gwenaëlle de recommencer en respectant le fait que cette dernière n’aime pas ses cheveux courts et en lui accordant le droit d’avoir des goûts différents. C’est cela être grand. Il propose à Gwenaëlle de refaire la scène.
« Tu peux prendre soin de ta mère, dans cet échange. Jusque-là, tu prenais seulement soin de toi. Mais le fait de t’affirmer ne t’empêche pas de voir qu’elle est déçue et de lui faire sentir que tu es désolée qu’elle soit est déçue. Elle est un peu triste, peut-être, de te voir avec des cheveux courts. Si tu as de la tendresse pour elle, tu lui montres que tiens compte de sa déception « .

Le regard de Gwenaëlle s’illumine. Elle semble tout à coup intégrer que l’on n’a pas besoin de se comprendre pour s’aimer:
Son dernier essai sera le bon. Quand la jeune femme qui joue sa mère s’exclame : « Ah ! tu t’es coupé tes cheveux ! », Gwenaëlle répond affectueusement, sans culpabilité et avec un sourire gentil:
- « Oui, je sais tu n’aimes pas trop, mais bon, tu vas t’y faire »..
Gwenaëlle a peut-être réussi pour la première fois de sa vie à être totalement elle-même sans honte. C’était dans un jeu de rôle, mais, dans la mesure où l’inconscient ne connaît pas la différence entre le réel et l’imaginaire, lorsque les émotions sont en jeu, ce groupe lui a permis d’expérimenter un nouveau modèle relationnel mature, autonome, adulte. La voilà maintenant capable de considérer l’autre comme une personne totale et de s’ajuster à lui, tout en étant elle-même une personne totale – et non un bébé qui demande la fusion et/ou qui en a peur.
 

Catherine Hervais

Disponible aussi en grande taille

Classé dans : Actualité,Beaute,Femme,motivation,Seduction — Oceane @ 9:57

skinny.jpg

Les clips vidéo mettant en scène des dames charnues ne sont pas légion. Celui-ci met en images un tube de l’automne-hiver dans les clubs britanniques : Skinny, par Lo-rider. Depuis sa sortie, il fait un tabac sur Image de prévisualisation YouTube.

Le progrès est en marche. Les femmes-objets sont bien disponibles aussi en grandes tailles. Qu’on se le dise.

15 novembre, 2008

Une histoire de poids

Classé dans : Femme,journal intime,Lecture — Oceane @ 21:15

 Si vous êtes dans cette communauté, vous comptez probablement parmis les malheureuses pour qui perdre du poids constitue le principal suspense de la vie.

Mon histoire est une histoire comme les autres.

Danielle Bourque dans son livre à 10 kilos du bonheur, (p.79-80) décrit très bien mon histoire, cette histoire est peut-être la votre aussi?

Françoise a 34 ans, le harcèlement constant de sa famille l’ayant convaincue qu’elle était trop grosse, elle décida de se «prendre en main». Au fil des années, elle essaya tous les régimes et tous les médicaments sur le marché. À un certain moment, le médecin lui prescrivait des amphétamines, l’accusa de mentir, de manger plus qu’elle ne disait, puisqu’elle ne maigrissait pas malgré son régime à 500 cal. Elle réussit alors à se procurer aux États-Unis des médicaments plus forts, plus dangereux, impossibles à obtenir au Canada. Continuant à suivre les conseils de son médecin, elles les compléta par ces médicaments et parvint ainsi à perdre du poids et à éviter les foudres de son bon docteur. Plus tard, elle essaya le jeûne modifier d’épargne protéique ( régime aux protéines liquides). mais comme elle ne perdait pas de poids avec la ration habituelle, son médecin la réduisit à 350 cal. par jour. Elle souffrit alors d’horribles maux d’estomac, mais son médecin lui affirma qu’il s’agissait là du fruit de son imagination. pour la «motiver» davantage, il lui déclara que personne ne souffrait d’emponboint en Éthiopie, elle pouvait donc se rassurer en pensant que ses «réserves» lui permettraient de vivre très longtemps sans ressentir de malaises réels…

Françoise sait très bien comment maigrir, c’est une spécialiste de la question; encore aujourd’hui, elle pourrait probablement vous énumérer par coeur le contenu de la vingtaine de régimes différents qu’elle a essayés; elle pourrait également vous réciter la table des calories de tous les aliments, de A à Z, dans l’ordre ou dans le désordre. Françoise sait comment maigrir, mais il semble toujours lui manquer une information fondamentale: Comment faire pour ne pas reprendre le poids perdu? Chaque fois, après de longs mois d’efforts au cours desquels elle est parvenue à maîtriser son corps et sa faim, elle voit avec désespoir les kilos s’accumuler à nouveau sur sa balance. Pire, quelques kilos de plus se sont ajoutés à chaque reprise de poids. Et à chaque nouvelle tentative d’amaigrissement, l’aiguille de la balance prend de plus en plus de temps à descendre…et de moins en moins de temps à remonter…de plus en plus haut. Françoise pesait 80kg (175 lbs) avant d’entreprendre son premier régime; elle en pèse aujourd’hui 150 (330)…Dans sa courte vie, elle a perdu et repris plus de 200 kg (440 lbs).

Et vous, savez-vous aussi parfaitement que Françoise comment maigrir? Beaucoup de femmes semblent expertes en ce domaine, mais toutes rencontrent le même problème; plus elles acquièrent de l’expérience en perte de poids, moins elles deviennent habiles. Tout comme Françoise, elles ont de plus en plus besoin de temps et de privations pour perdre toujours les mêmes kilos.

Si nous voulons comprendre ce phénomène étrange, il nous faut plonger dans la mythologie médicale. Celle-ci repose sur trois erreurs fondamentales.

  • Les différences de poids que l’on retrouve d’une personne à l’autre dépendent d’abord de la quantité de nourriture ingérée.

Ainsi, selon cette affirmation, s’il existe un écart de 20 kg (44 lb) entre deux personnes de même sexe, de même grandeur, de même charpente osseuse et de même niveau d’activité physique, cela signifie que la plus grosse des deux mange nécessairement plus.

  • Pour maigrir, il suffit de manger moins.

Il s’agirait donc simplement d’absorber moins de calories qu’on n’en dépense pendant un certain temps, puis de reprendre une alimentation suffisante quand nous avons perdu le poids désiré. Si on en croit cette conception, l’échec des régimes dépendrait donc de la personne qui s’y soumet, de son manque de volonté à perdre du poids ou à maintenir la perte de poids ou d’un problème psychologique qui l’empêche de maîtriser sa consommation d’aliments.

  • Toute personne dont le poids dépasse celui qui est prévu dans la charte des poids désirables compromet gravement sa santé.

D’après cette croyance, dès que le poids d’une personne dépasse celui qui est indiqué dans ces chartes, elle court inévitableemnt le risque de contracter l’une des maladies associées à un surplus de poids, en particulier une maladie cardio-vasculaire ou le diabète.

C’est sur ces idées que s’appuient lourdement les grands inquisiteurs de l’adiposité, dans leur profonde conviction que plus les gens auront peur et se sentiront coupables de leur poids, plus ils se repentiront et maigriront: alors fleurira enfin l’ère bénie des squelettes en santé.

….En fait il existe une relation très faible entre la quantité de nourritures ingérée et les différences inter individuelles de poids; nous voyons aussi que non seulement les régimes sont des méthodes inefficaces pour maigrir, mais encore qu’ils constituent des moyens pour accentuer le gain de poids. Obésité ne rime pas nécessairement avec maladie et où l’obèse n’est pas considéré comme un grand frustré qui cherche dans la nourriture la compensation pour tous ses désirs insatisfaits. un monde où le poids n’est que ce qu’il est: une caractéristique physiologique qui varie d’une personne à l’autre.

22 octobre, 2008

Sous le surpoids, la tyrannie

Classé dans : Actualité,Discremination,Lecture,Prejuges,Science — Oceane @ 7:37

Sous le surpoids, la tyrannie
Par François ASCHER

QUOTIDIEN : Mercredi 19 juillet 2006 – 06:00

François Ascher professeur à l’université Paris-VIII. Dernier ouvrage paru : le Mangeur hypermoderne. Une figure de l’individu éclectique, Odile Jacob, 2005.

L’obésité est devenue, à en croire l’Organisation mondiale de la santé, une épidémie. Partout dans les pays développés, mais aussi dans des pays moins riches comme la Chine, les pouvoirs publics se mobilisent pour lutter contre ce nouveau fléau : le surpoids. Les campagnes d’information et d’éducation se succèdent, relayées par les médias, dramatisant chaque fois un peu plus la situation : vous n’êtes pas encore obèse ? Attention, vous risquez de le devenir. Vos enfants le sont potentiellement. Ne mangez plus de graisses ni de sucre. Ne mangez pas entre les repas. Mangez peu, mangez des fruits et des légumes. Au moins cinq par jour…

Bravo pour le lobby des fruits et légumes, Aprifel, qui a su lancer ce mot d’ordre en surfant sur une opinion déjà passablement angoissée par son alimentation et sa santé, et sur des pouvoirs publics heureux de trouver des forces d’appoint pour le programme national nutrition santé. Mais toutes ces campagnes méritent quand même que nous nous interrogions un peu sur ce qui nous arrive. Alors que nous croyions avoir gagné enfin la liberté de nous alimenter comme nous le souhaitions, que le coût n’était plus un obstacle à un large choix alimentaire, que des produits du monde entier nous étaient accessibles sur nos marchés et dans nos supérettes, nous nous trouvons confrontés à de nouveaux interdits. Pour notre bien, évidemment. Et pour celui de la Sécurité sociale, bien sûr. Car au nom de quoi l’Etat s’occupe-t-il de ce qu’il y a dans nos assiettes ?

Ainsi The Economist , la bible du libéralisme, s’est-il préoccupé, dans un dossier sur l’obésité, de la légitimité d’une telle intrusion dans notre vie privée : au nom de quoi l’Etat libéral est-il en droit de mener la lutte contre le surpoids ? Le seul argument qui leur est apparu valide est que les gros coûtent plus cher à la santé publique. Ils en ont donc conclu qu’il ne serait pas illégitime qu’on leur impose des pénalités financières, comme par exemple des fat tax . De fait, il en existe déjà dans certains Etats des Etats-Unis, où certaines graisses et certains sucres sont taxés. Nous n’en sommes pas encore tout à fait là en France, mais les campagnes des pouvoirs publics contre le surpoids, qui partent sans aucun doute de bons sentiments, stigmatisent quand même de façon inquiétante les gros. Certains spécialistes de l’alimentation s’en préoccupent. Gérard Apfeldorfer et Jean-Philippe Zermati viennent d’ailleurs de publier un ouvrage de mise en garde intitulé Dictature des régimes, attention !

Il est de fait difficile de résister au déferlement de campagnes publiques et à l’inflation médiatique et éditoriale sur le thème de la diététique. Pourtant, une étude un peu plus attentive du développement de l’obésité fait apparaître des phénomènes qui mériteraient plus d’attention.

En premier lieu, l’obésité touche surtout les catégories sociales les plus modestes, qui n’ont accédé que récemment à une certaine abondance alimentaire et qui n’ont pas encore développé une nouvelle culture de la nourriture comme l’ont déjà fait les couches sociales plus habituées à l’abondance. Elles en profitent. Mais il s’agit d’une transition alimentaire au même titre qu’il y a eu précédemment une transition démocratique. Les pauvres ont eu beaucoup d’enfants quand la mortalité infantile a chuté, avant de calquer leurs comportements sur les couches sociales moyennes. Le même type de processus s’effectue aujourd’hui avec la nourriture. Les pauvres apprennent progressivement à gérer l’abondance alimentaire relative, qui est nouvelle pour eux. Il faut aider ce processus sans pour autant stigmatiser ces populations, voire les pénaliser financièrement. D’autant, que «bien» manger coûte plus cher que manger industriel, gras et sucré.

En deuxième lieu, l’obésité touche, en beaucoup plus petit nombre, des enfants des couches sociales aisées qui ont par ailleurs accédé à cette nouvelle culture alimentaire liée à un contexte d’abondance. Dans ce cas, l’obésité relève plus de pathologies individuelles. Les désordres alimentaires sont de fait aujourd’hui, pour des raisons diverses, des symptômes facilement saisis par toutes sortes de pathologies. Les traiter comme des faits sociaux risque donc d’être particulièrement contre-performant et de ce point de vue certaines campagnes médiatiques font probablement pas mal de dégâts.

En troisième lieu, de plus en plus de gens qui sont un peu gros vivent mal leur poids, s’inquiètent des conséquences que cela pourrait avoir sur leur santé, dépriment parce qu’ils ne parviennent pas à maîtriser autant qu’il le souhaiterait leur alimentation et leur corps. Il s’agit d’une pathologie massive qui ne touche plus seulement les jeunes femmes, et qui produit des souffrances plus ou moins importantes. Les campagnes qui pilonnent l’opinion de façon indifférenciée sur les risques du surpoids ne sont pas à l’origine de ces troubles, mais sans conteste elles participent à les entretenir et parfois provoquent plus de dégâts qu’elles ne résolvent de problèmes, y compris d’un simple point de vue sanitaire : on sait bien, en effet, que les régimes répétés et non maîtrisés sont déconseillés.

En quatrième lieu, la lutte contre l’obésité nous interroge sur l’avenir de notre société. La bataille contre le tabac est en train d’être gagnée grâce à l’utilisation de la notion de tabagisme passif. Pendant des années, les campagnes d’information sur les dégâts du tabac sur la santé étaient restées pratiquement sans effet. Mais le tabagisme passif a permis de transformer l’irresponsabilité individuelle en culpabilité : les fumeurs ne sont plus inconscients, ils sont des criminels en puissance. A partir de là, tout est allé très vite et il est même interdit de fumer dans certaines rues au Japon ou aux Etats-Unis. Le tabagisme passif était donc partiellement un prétexte. La cigarette est ainsi en cours de pénalisation. Cela ne risque-t-il pas d’arriver aussi à la nourriture ? Demain, verra-t-on sur certains produits alimentaires la mention «Attention, manger peut nuire gravement à votre santé», tandis que seuls certains restaurants, dûment signalés par une affiche de mise en garde, seront autorisés à cuisiner du gras-double ?

Prenons garde que, sous prétexte de s’occuper de notre bien collectif et individuel, et dans le souci de nous protéger de la fumée et de la bouffe d’autrui, notre société ne donne pas naissance à cette tyrannie dont Tocqueville déjà voyait le risque, qui ne serait pas nécessairement «douce», mais qui serait certainement sans goût.

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